Trump 2.0 : Tempête sur l’ISR ou simple turbulence pour les CGP ?
L’ISR survivra-t-il à un retour de Donald Trump ? Voilà une question qui inquiète les investisseurs engagés… et questionne les CGP s'intéressant à la finance durable.
Avec son goût prononcé pour le pétrole et son historique climato-sceptique, le président américain fraîchement réélu pourrait-il réellement enrayer la dynamique de l’investissement responsable ? Ou s’agit-il d’un simple coup de vent dans une tendance de fond inarrêtable ?
Décryptage des vrais enjeux pour les CGP et leurs clients.
L’ISR face à Trump : une pause, mais pas un effondrement
L’arrivée (ou plutôt le retour) de Trump pourrait donner un coup de frein à certaines politiques climatiques aux États-Unis. Mais avant de crier à l’apocalypse financière pour l’ISR, quelques nuances s’imposent :
L’ISR a déjà résisté à Trump une fois, et plutôt bien !
Sous son premier mandat (2016-2020), malgré un climat politique peu favorable, des initiatives majeures comme Climate Action 100+ ou Science-Based Targets ont émergé et se sont imposées dans l’industrie financière.
Europe – États-Unis : des visions opposées de la transition énergétique
Contrairement aux États-Unis, l’Europe maintient le cap sur ses objectifs climatiques. Le cadre réglementaire y est à la fois structuré, ambitieux et en constante évolution. Les tendances de fond en matière de durabilité dépassent largement les cycles politiques, et l’ISR y occupe désormais une place centrale dans les stratégies d’investissement.
Les marchés financiers dictent aussi les règles
Les grandes entreprises américaines ont une base d’investisseurs mondiaux, dont beaucoup sont européens. Or, en Europe, l’ISR est solidement ancré dans les stratégies d’investissement. Même sous Trump, difficile pour ces entreprises de faire totalement marche arrière sur leurs engagements climatiques sans perdre la confiance des marchés.
La pression des consommateurs monte en puissance
Aux États-Unis aussi, les jeunes générations pèsent de plus en plus lourd économiquement… et elles veulent du sens. L’opinion publique, notamment chez les Millennials et la Gen Z, pousse les entreprises à adopter des pratiques durables, quelles que soient les orientations de Washington.Les risques climatiques deviennent financiers
Les assureurs, les banques centrales et les investisseurs institutionnels ne peuvent plus ignorer l’impact des dérèglements climatiques sur la stabilité économique. L’ISR ne repose plus seulement sur des convictions éthiques, mais sur une gestion rigoureuse des risques de long terme. Un argument de poids, même dans un contexte politique hostile.
Un point que souligne Kelly Hebert, Directrice Générale France, BeLux et Responsable Mondial du Développement de l’Offre Durable chez M&G Investments, qui rappelle que malgré le contexte politique incertain, « l’élan économique surpassera largement les ambitions politiques de Trump. La tendance de fond est là, et l’ISR continue d’attirer des flux croissants, notamment en Europe. »
Bref, si Trump revient, il pourra ralentir la transition, mais pas l’arrêter.
Ce que les CGP doivent retenir (et anticiper !)
La finance durable ne disparaîtra pas sous Trump 2.0, mais les CGP devront adapter leur posture et affûter leurs conseils. Voici cinq points clés à garder en tête :
Renforcer l’analyse fondamentale des fonds ISR, au-delà des labels
L’environnement politique américain pourrait fragiliser les exigences réglementaires en matière de transparence extra-financière. Dans ce contexte, la sélection de fonds ISR ne peut plus se limiter à l’analyse des labels ou aux promesses commerciales. Les CGP doivent aller plus loin : évaluer la solidité méthodologique des démarches ESG, la rigueur des processus de sélection des titres, la gouvernance des fonds, et la cohérence entre discours et investissements réels. C’est une question de robustesse et de responsabilité vis-à-vis des clients.
Capitaliser sur l’avance réglementaire européenne comme levier de confiance
Alors que les États-Unis pourraient entrer dans une phase de recul réglementaire, l’Europe assure un cadre normatif exigeant et de plus en plus opérationnel : SFDR, taxonomie, CSRD, CSDDD... Ce socle réglementaire offre aux CGP une base fiable pour structurer une offre ISR crédible, comparable et traçable, tout en répondant aux attentes croissantes en matière de transparence. Miser sur ce cadre européen, c’est sécuriser les allocations tout en renforçant la confiance des investisseurs.Repositionner l’ISR comme outil de gestion des risques à long terme
Dans un contexte de tension politique, les CGP doivent repositionner l’ISR non pas comme une “conviction morale”, mais comme une approche rationnelle de la gestion des risques et des opportunités. Gouvernance défaillante, dépendance aux énergies fossiles, mauvaise gestion des parties prenantes : autant de facteurs extra-financiers qui deviennent aujourd’hui des risques financiers. Accompagner les clients ISR, c’est leur donner les moyens de rester alignés sur leurs objectifs patrimoniaux de long terme, sans céder à la volatilité politique.
S’appuyer sur des tendances structurelles et résilientes, moins sensibles au contexte américain
Certaines thématiques – efficacité énergétique, adaptation au changement climatique, santé, infrastructures durables – sont portées par des dynamiques globales et inéluctables face aux enjeux environnementaux et sociaux, indépendantes des choix politiques d’un seul pays. Les CGP ont tout intérêt à intégrer ces axes dans leur stratégie de diversification : ce sont des moteurs de croissance de long terme, soutenus par des plans d’investissement internationaux, des besoins sociétaux croissants, et des avancées technologiques majeures.
Affirmer une posture d’expertise stratégique dans un environnement incertain
Le retour de Trump risque d’ajouter du bruit et de la confusion dans le débat public sur l’investissement responsable. Pour les CGP, c’est une occasion unique de sortir du lot : apporter de la clarté, traduire les enjeux géopolitiques en implications concrètes pour les portefeuilles, distinguer les signaux faibles des effets d’annonce. En d’autres termes, c’est l’opportunité d’incarner pleinement leur rôle d’expert, capable de guider ses clients dans une transformation de marché irréversible, même en période d’incertitude.
Le mot d’Aymeric, CEO d’isrselect
« Le retour de Trump peut brouiller le message, mais il ne change pas la trajectoire. L’ISR est aujourd’hui une réponse rationnelle à des enjeux structurels : climat, gouvernance, stabilité économique. Dans ce contexte, le rôle du CGP est plus que jamais central : donner du sens aux données, décrypter les tendances, et aider les clients à rester alignés avec leurs convictions tout en sécurisant leur patrimoine. »
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Source : bsmart.fr, "L'ISR survivra-t-il à Trump 2.0 ?"